L'hiver arrive, mon ami, et le mal guette
 
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 Ça veut dire quoi être normal ? Faire comme tout le monde ? Désolée, je préfère être moi-même.

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Admin Passy
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Date d'inscription : 19/12/2014
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Relations:

Petit Oiseau

   Sam 17 Oct - 13:03



Les anciens disent qu’il n’y a rien de pire que la solitude. Ils ont tort. Ils ont seulement peur de crever seuls. La solitude c’est ma vie en quelque sorte. Mon père n’est jamais là. Toujours à chasser, patrouiller ou commander. Ma mère… je l’évite, il faut bien l’avouer. J’ai remarqué certaines choses. Elle ne me ressemble pas, je n’ai rien d’elle. J’ai pleins de similitudes avec mon père mais avec Plume Gelée… Non. Quant à cette inconnue, Écume des Vagues, je lui ressemble oui. Beaucoup. Étrangement. Qui est-elle et qu’est-ce qu’elle ne me dit pas ? Et moi ? Au milieu de ces forces du destin, du chaos de cet univers dont je fais pleinement partie, qui suis-je vraiment ? Beaucoup d'autres personnes disent que l'on se découvre soi-même avec patience durant le long de notre vie mais je ne suis pas patiente. Je veux déjà savoir. Parce que je ne sais pas, comme tout le monde, combien de temps je vais encore vivre. Peut-être que je vais décéder demain, peut-être dans trente lunes ou même maintenant qui sait. Ma mère me dit souvent que la vie est pleine de rebondissements. Quand on est guerrier oui. Pas quand on est chaton. Ni reine d'ailleurs. Elle passe sont temps dans la pouponnière, je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de trépidant là-dedans.
S'occuper de chatons braillards ? Énervant.
Parler ragots avec les autres reines ? Ennuyeux.
S'extasier devant les chatons des autres ? Inutile.
Essayer de deviner qui est le père de telle portée ? Perte de temps.
Tout n'est que perte de temps dans la pouponnière. Il ne m'a fallu que quelques lunes pour le comprendre tandis que les reines restent des années là-dedans, à se demander si elles ne sont là que pour pondre chatons sur chatons. Certaines ne font même plus aucune tâches de guerrières, autant qu'elles y restent éternellement avant de rejoindre les anciens, on se passera d'elles et ce sera mieux pour tout le monde.
Elles offrent la vie, c'est important, certes mais bon. Des usines à vie. Voilà ce que sont les femelles. Voilà ce que je suis. Et ça me désole. La vie me déprime déjà.
Peut-être à cause de ma maladie.
À croire que je n'avais pas pu me développer correctement danse ventre de ma mère. Non. Pas "à croire". C'était un fait. Je ne m'étais pas développée correctement dans le ventre de ma mère. Et mes oreilles, mes pauvres oreilles en avaient pris un coup. Un coup qui me pourrissait l'existence et qui me donnait envie de déchiqueter mes oreilles à chaque fois que j'entendais ces sifflements et ces bourdonnements non seulement stridents mais également incessants.
Cela m'étais arrivé une nouvelle fois pas plus tard que ce matin. C'est pourquoi j’avais encore déserté le camp au grand dam de mon père. Le pauvre. IL est chef et sa fille, moi, qui devrait montrer l'exemple, je lui fais honte. Et bien tant pis pour lui, je serais sa productrice de scandales personnelle jusqu'à ce que la mort m'emporte. Le plus tard possible bien évidemment. Ou le plus tôt je ne sais pas. Je ne tiens pas à vivre avec mes acouphènes pour toujours. Donc, la question  de quand arrivera ma mort et quand je préférerais qu'elle arrive reste à méditer.
Je m'étais donc réfugiée dans la forêt de rochers du territoire. Je m'amusais à sauter de rocher en rocher en écoutant résonner le sifflement du vent entre les roches, j'écoutais les cris des oiseaux au-dessus de ma tête, j'étais toute concentrée sur mes mouvements, sachant très bien qu'au moindre faux pas, je pouvais mourir, assommée par un rocher, empalée sur une pointe rocheuse ou de bien d'autres façons encore dont je n'ose même pas imaginer la scène ni la tournure.
C'était un endroit calme, dépeuplé, la nature y était reine et je m'y plaisais énormément. J'aimais le silence, j'aimais la solitude, j'aimais le vent, j'aimais les oiseaux. Je n'aimais pas le camp, je n'aimais pas ses bruits, son agitation et ses règles. Je n'étais pas faite pour y vivre, je l'avais déjà compris depuis longtemps.
Mais je reste quand même.
Pour ma famille, mes quelques amis, les certitudes profondément ancrées en moi.
Je n'attends qu'une chose en réalité.
J'attends d'être prête.
De savoir chasser et combattre seule, j'attends de pouvoir élaborer des stratégies et des techniques connues de moi seule, j'attends un tas de choses qui feront peut-être de moi quelqu'un d'exceptionnel ou pas. J'attends des qualités et des défauts, j'attends des victoires et des défaites, j'attends des réussites et des erreurs.
Et après ça, oui après, je pourrais enfin partir.
Prendre mon envol.
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