L'hiver arrive, mon ami, et le mal guette
 
AccueilFAQRechercherGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Une cueillette qui tourne à la catastrophe [PV Kenny]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Fonda' à ton service (ou pas)!
avatar

Messages : 234
Date d'inscription : 20/08/2014
Age : 18

Feuille de personnage
Relations:

Le Staff

   Dim 13 Sep - 20:56

Le noir. Obscur. On ne peut rien voir. Juste du noir. Encore et encore. Où suis-je? On ne peut rien distinguer, même pas mon corps dans ce noir d'obsidienne. Ne pas bouger. Dans ce noir, il faut se méfier. Je n'ai pas confiance. J'ai peur. Mais quel est donc cet endroit? Tout noir. On ne peut rien distinguer et pourtant, j'arrive à distinguer une silhouette au loin. Plus une ombre qu'autre chose. Elle a l'air d'être de ma taille. Mais je n'ai pas besoin de bouger. On dirait que cette ombre, incompréhensiblement distinguable dans ce noir où l'on ne peut rien distinguer, s'approche de moi. Assez vite en fait. De plus en plus vite en fait. Si je le pouvais, je crois que je me ferais pipi dessus. Mais bon sang, qu'est-ce qui se passe? C'est un rêve, j'en suis sûre, mais il me fait penser au type de rêve où je vois le Clan de la Lune dans ce que je ressens. Pourtant, dans ce que je vois, aucun rapport. Mais qu'est-ce que c'est dans ce cas? Ce n'est pourtant pas la réalité! C'est impossible. Impossible. L'ombre se rapproche dangereusement. Elle est gigantesque en fait! Je ne pourrais pas deviner ce que c'est. C'est une forme aux contours aléatoires on dirait. Je suis incapable de bouger. Je suis figée sur place par la peur. Mais si je ne peux pas fuir, peut-être puis-je demander de l'aide? J'ouvre la gueule. Mais, horreur, aucun son ne sors. Mais, ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, je dois bien réussir à faire quelque chose, quelque chose... Je suis dans une panique totale. Telle que je réussis à hurler de peur.

Aile de Nuit se réveilla en sursaut. Son pauvre petit cœur battait la chamade à une telle vitesse qu'elle se demandait comment il faisait pour ne pas lui causer une crise cardiaque. Elle haletait et était en sueur. Une sueur froide, qui colle à la peau et plaque le pelage. Elle en vint à la conclusion que son hurlement l'avait sauvée de l'horreur en la réveillant. Elle remerciait sa voix assez puissante pour la réveiller mais pas trop pour ne pas provoquer la panique dans le clan. Elle commença à se calmer. Ce n'était qu'un cauchemar idiot. Elle regarda vers l'entrée de sa tanière. Les lueurs de l'aube filtraient à travers les algues et les senteurs marines lui parvenaient jusqu'à sa truffe. Elle n'avait pas bougé de son nid. Mais il était temps pour elle de se lever. Comme tous les jours, elle avait à faire. Elle sortit dans la clairière pour prendre une proie qu'elle grignota distraitement. Il lui fallait regarder ses réserves en priorité. Pendant la saison des feuilles nouvelles, il n'y a pas grand-chose à faire, alors... Elle finit son repas par une toilette rapide avant de repartir dans sa tanière. Elle regarda sa réserve, impeccable. Elle gonfla le poitrail, fière d'avoir eu l'idée de ranger jusqu'à tard le soir les diverses plantes qui commençaient à se mélanger. Elle allait pouvoir voir directement ce qui lui manquait. Au bout d'un petit temps, elle remarqua que le stock de prêles était bas. Elle en avait toujours l'utilité, aussi, la guérisseuse considéra qu'il était important d'aller en chercher.

Aile de Nuit sortit du camp en trottinant avant de partir dans le tunnel. Elle prit le chemin pour aller sur l'île du Clan de la Montagne car c'était l'endroit où elle avait le plus de chances de trouver des prêles. Elle ne connaissait pas bien la zone, aussi décida-t-elle d'aller près du Plateau Venteux. C'était le seul endroit qu'elle connaissait un peu. En effet, elle ne venait habituellement pas jusqu'ici mais les souvenirs de son cauchemar lui avaient donné l'envie de s'éloigner le plus possible de son camp. Où trouver des prêles? En effet, le plateau venteux portait si bien son nom qu'un instant elle douta de son choix. Puis elle trouva des petites fentes abritées du vent. Des prêles poussaient à l'intérieur de certaines, une aubaine! Elle commença minutieusement à examiner chaque fente pour en cueillir les plantes avec le bout des pattes. Mais elle ne prenait que très peu à chaque fois, si cela continuait, elle prendrait la journée à tout cueillir! Du moins, s'il y en avait assez... Jusqu'au moment où elle découvrit une petite cavité. Un peu plus large qu'elle, assez profonde pour qu'elle puisse entrer entièrement, elle découvrit au fond une véritable réserve de prêle. Enfin! C'était exactement ça qu'elle cherchait! Elle commença et cueillir minutieusement, si concentrée qu'elle n'entendit pas les gravats qui glissaient derrière elle. Un véritable éboulement de gravats eu lieu, fermant l'ouverture et plongeant la petite chatte noire dons l'obscurité la plus totale. Le souvenir de son cauchemar lui revint si brutalement à l'esprit qu'elle cria de panique. Cette fois, c'était pour de vrai et si personne ne l'entendait, elle était condamnée. La guérisseuse ferma les yeux et commença à trembler.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Messages : 75
Date d'inscription : 16/06/2015

Feuille de personnage
Relations:

Etoile du Déluge

   Lun 14 Sep - 16:31

Une cueillette qui tourne à la catastrophe
« La montagne recèle bien des dangers pour l'ignorant qui la connaît mal. » - Ft. Nuity

Je m'étais éveillé en sueurs dans ma litière de mousse, ayant un sursaut. J'avais fait un cauchemar effrayant, ponctué d'appels à l'aide, de miaulements terrifiés et d'une obscurité qui semblait me dévorer tout entier. Je n'avais pas peur de grand chose, il fallait l'avouer, mais je craignais l'ombre, depuis que j'avais dévié en étant apprenti. Heureusement que Perle des Sables, ma mère, avait su me reconduire sur le droit chemin... Depuis cet événement traumatisant, la crainte du noir complet me poursuivait, et me collait aux pattes. Ces appels désespérés m'avaient donné la chair de poule, et je priais pour que ce rêve reste un rêve parmi tant d'autres; imaginaire et fictif. Pourtant, son réalisme m'avait frappé, et difficile pour ma conscience de me faire avaler quelque chose de semblable... J'avais bien peur de revivre une situation similaire, même si je me résignai à ne plus y penser, pour l'heure. Un meneur ne devait pas s'effrayer d'un cauchemar. Un chef de clan était brave. Je relevai la tête à cette pensée, avant de me lever d'un bond. Je n'aimais pas jouer l'hypocrite, il était vrai, mais je ne pouvais pas non plus me permettre de montrer mes faiblesses à mes camarades de clan. Je m'ébrouai pour chasser les dernières bribes de ce cauchemar, comme si elles étaient empêtrées dans ma fourrure gris clair. J'inspirai un bon coup, fermai et rouvrit mes prunelles glacées avant de sortir de ma tanière spacieuse.

L'aube pointait à peine derrière les pics montagneux qui formaient l'horizon. Notre horizon. Quelques pâles rayons éclairaient déjà le camp d'une bien faible lueur. Quelques félins étaient déjà réveillés; Perle des Sables était allongée près du tas de gibier, grignotant un mulot avec une de ses amies. Je lui adressai un léger sourire qu'elle me rendit avec une certaine fierté dans le regard. Elle me couvait souvent ainsi du regard, car, même si je n'étais plus le petit chaton d'antan, je demeurait son fils. Quelle mère n'aurait pas aimé que son fils devienne chef de clan? Elle se détourna ensuite pour poursuivre sa discussion commencée. Deux apprentis, encore ensommeillés, étaient durement réveillés par leurs mentors. Un petit sourire flotta sur mes babines lorsque je balayai la clairière de mes prunelles bleues. Je trottinai alors jusqu'à la pile de proies pour prendre une souris. Je m'installai dans un coin du camp pour la dévorer en quelques coups de crocs à peine, l'air distrait. Je finis par me lever, délaissant la carcasse de l'animal. Personne n'avait besoin de moi au camp, et je pouvais bien laisser mon apprentie, Nuage Prophétique, dormir encore un peu... Elle avait tellement bien travaillé la veille! J'interpellai donc mon lieutenant, fidèle à son poste, pour lui confier que je m'absentais un peu.

" Je serai de retour avant le zénith du soleil! " annonçai-je avant de franchir l'entrée du camp d'un pas sûr.

Je m'échappai alors, refoulant mes lourdes responsabilités dans les tréfonds de ma mémoire. Je courais librement dans les plaines montagneuses, heureux de goûter de nouveau à cette liberté éphémère. Je ne voulais pas chasser, je ne voulais pas commander mes camarades, je voulais être moi-même. Je voulais être libre, même si ce n'était qu'un infime instant. Je voulais faire une pause dans mon rôle de meneur. Une bonne demi heure s'écoula ainsi, dans l'insouciance de l'instant, avant que je ne m'arrête pour reprendre mon souffle, sur le Plateau Venteux. La brise fraîche du matin s'engouffra dans mon pelage gris tigré, et me fit frissonner d'aise. Comme j'aimais ces sensations!

Alors que je profitais pleinement de ces instants de pur bonheur, j'aperçus une silhouette au loin. Son allure m'indiquait qu'elle n'avait pas l'habitude de progresser en montagne. Cela m'intrigua et, ni une, ni deux, je m'élançai directement vers elle. Un guerrier adverse? Une guérisseuse? Ou simplement un animal égaré? Les différentes possibilités tournaient dans mon esprit concentré à mesure que j'avançais vers elle. J'étais presque arrivé à sa hauteur lorsque le félin disparut dans une cavité qui semblait profonde. J'eus le temps d'entrapercevoir un éclair noir de jais, ce qui me fit penser à la guérisseuse du Clan de L'Océan; Aile de Nuit. Je m'apprêtai donc à faire demi-tour, rassuré sur le doute d'un éventuel intrus, lorsque mes oreilles captèrent un son que je ne connaissais que trop bien. Je me retournai vivement, paniqué, et vis une avalanche de gravats qui roulait tout droit vers ladite cavité, où s'était aventurée Aile de Nuit. Je voulus crier, mais ma voix ne portait pas assez avec les bourrasques qui s'étaient amplifiées. Mes pattes s'activèrent alors et je sprintai jusqu'à cette faille rocheuse, espérant la prévenir à temps.

Les poils de mon échine se hérissèrent lorsque les petites roches avaient recouvert la cavité avant que la guérisseuse n'ait pu sortir. J'étais aux trois quarts du chemin, et j'accélérai encore pour pouvoir la sortir de là. Je sortis mes griffes, non seulement pour aller plus vite mais pour exprimer ma colère - certainement pour cacher les craintes qui me tordaient le ventre.

Quelle sotte! songeai-je pour disperser mes peurs. Ne jamais s'aventurer en montagne seul lorsqu'on ne la connait pas; cela peut être fatal! Mais où avait-elle la tête, enfin?!  

Je finis par arriver devant le monticule de graviers. Je priais pour qu'ils ne se soient pas engouffrés dans la faille, ou Aile de Nuit était perdue. Je commençai par tourner autour, examinant rapidement le problème. Mon coeur loupa un battement lorsque j'entendis des miaulements terrifiés. Elle était encore vivante! Pourtant, je ne pouvais pas m'empêcher de repenser une fraction de seconde à mon cauchemar, et ma fourrure se hérissa de plus belle. J'inspirai un bon coup pour garder mon éternel sang-froid, et lui répondre d'une voix rauque, que je voulais néanmoins rassurante:

" Calme toi, Aile de Nuit, je vais te sortir de là! "

Car je ne pouvais pas me concentrer si elle miaulais sans cesse... Après avoir analysé l'amas de gravats, je trouvai un l'endroit où il faudrait que je creuse, que je dégage pour qu'elle puisse sortir de son trou à rat. ça ne serai pas une mince affaire, mais il fallait que j'essaye tout de même. Je me maudis pour être parti seul du camp; qu'est-ce que je n'aurais pas fait pour avoir un peu d'aide! Pourtant, je n'en avais pas et il fallait bien faire avec. Je sortis de nouveaux mes griffes tranchantes et commençai à gratter vivement les petits cailloux qui constituaient la première couche de ce monticule grisâtre.
Revenir en haut Aller en bas
Modotte Ready
avatar

Messages : 113
Date d'inscription : 23/05/2015
Age : 19

Feuille de personnage
Relations:

Étoile de l'Écume

   Dim 20 Sep - 15:35

UP?
Revenir en haut Aller en bas
Fonda' à ton service (ou pas)!
avatar

Messages : 234
Date d'inscription : 20/08/2014
Age : 18

Feuille de personnage
Relations:

Le Staff

   Lun 21 Sep - 20:13

[Maaaaaais, j'suis lente moi, Ready ]

Aile de Nuit, dans le noir le plus total, entendit tout à coup un voix qui semblait provenir de ce qui devait être auparavant l'entrée de la grotte.

" Calme toi, Aile de Nuit, je vais te sortir de là! "

La guérisseuse poussa un long soupir de soulagement. Ce qui la fit sursauter elle-même. Le chat derrière les gravats l'avait peut-être lui-même entendu. Ses oreilles lui brûlèrent de gêne et elle vit enfin le bon côté de ce noir de jais, personne ne pouvait la voir. Encore que. Elle avait tellement honte que cela devait rougeoyer et peut-être même que le guerrier le voyait en ce moment même. Allons ma petite Aile de Nuit, tu divagues complètement là! Tu as donc peur du noir? Au point même d'en perdre la raison? Ou du moins la logique? Quelle piteuse guérisseuse tu fais dans ce cas! Et qu'est-ce que tu portes mal ton nom surtout! En effet, elle se rendait compte que finalement, son nom ne lui correspondait pas tant que ça. Elle ne serait pas en train de paniquer toute seule dans le noir sinon. Enfin, là, actuellement, c'était bien la première fois qu'elle avait peur depuis longtemps. Depuis la mort de son mentor dans les tunnels obscurs. A cause de ce rêve. Stupide qu'elle était. Elle plaqua sa tête contre une des parois de la grotte et ferma les yeux. Évidemment, pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt! C'était sûrement un souvenir, pas un rêve prémonitoire! Elle aurait eu la présence du Clan de la Lune sinon! Et cela expliquait également le réalisme. Elle resta la tête collée contre la paroi, planquant ainsi ses oreilles sur sa tête en réflexe par rapport au froid de la pierre. Maintenant qu'elle s'était raisonnée, si elle se concentrait plutôt sur la réalité? Elle avait cru reconnaître la voix. Elle lui était familière en tout cas. Allons bon, une guérisseuse avec une cervelle de poisson pourri, il manquait plus que ça! Elle connaissait très bien les voix de ses collègues, ce qui n'était pas le cas, donc il restait dans celles qu'elles connaissaient le plus et qui n'étaient pas de son clan les chefs et lieutenants. On élimine pour arriver au chef et au lieutenant du Clan de la Montagne... Étoile du Déluge! Franchement, quelle cervelle de poisson pourri, comment avait-elle fait pour ne pas le reconnaître plus tôt? La dernière Assemblée ne remonte pas à si longtemps que ça pourtant! Vraiment pathétique de sa part!

La petite chatte noire rouvrit les yeux et releva la tête pour se tourner vers l'origine du petit grattement qu'elle entendait. Qu'était-ce? Dans ce noir, elle n'avait aucuns repères. Alors elle avait bougé ainsi et la voix du grand matou venait de là à ce moment-là donc... Le bruit provenait de la même direction. Cela devait être lui qui grattait pour dégager les gravats. Elle s'assit face au bruit, la tête inclinée sur le côté, comme quand elle était intriguée. Il devait la prendre pour une apprentie sans cervelle pour avoir été aussi imprudente! Ce n'était pas son territoire et il était très dangereux à qui ne le connaissait pas, elle aurait dû faire beaucoup plus attention. D'ailleurs, elle y pensa elle-même, elle ne s'était jamais retrouvée dans une situation pareille. Elle n'osait pas le déranger, de peur de lui faire faire une erreur, pourtant si elle devait faire quelque chose ou justement ne pas faire quelque chose, mieux valait lui demander, non? Enfin, il le lui dirait sûrement... Elle préféra poser la question quand même, bien que timidement.

- Euh, merci Étoile du Déluge... Dois-je faire ou ne pas faire quelque chose en particulier?

Sa voix n'était qu'un filet, si bien qu'elle s'inquiéta du fait qu'il l'ait entendue ou non. Bah, elle verrait bien en fonction de sa réponse.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Messages : 75
Date d'inscription : 16/06/2015

Feuille de personnage
Relations:

Etoile du Déluge

   Dim 18 Oct - 14:59

Une cueillette qui tourne à la catastrophe
« La montagne recèle bien des dangers pour l'ignorant qui la connaît mal. » - Ft. Nuity

Mes griffes crissaient sur les gravats entassés, qui devinrent peu à peu des cailloux de plus en plus conséquents. Du sang séché commençait à suinter entre mes coussinets rosés, pourtant habitués aux reliefs escarpés de la montagne. Ces petites douleurs m'arrachaient quelquefois un rictus qui révélait ce malaise. Les poils de mon échine étaient hérissés, non seulement car je puisais dans toutes mes ressources énergétiques pour ne pas que mon rythme faiblisse, mais en plus car j'étais inquiet pour la guérisseuse du clan de l'océan. Inquiet, mais aussi en colère; était-elle donc inconsciente à ce point pour s'aventurer seule dans la montagne? Etait-elle assez sotte pour ne pas se faire accompagner? Ces questionnements rageurs me faisaient accélérer la cadence, et, bientôt, des rochers qui m'arrivaient en haut de mes pattes avants firent surface. Cette mauvaise surprise m'arracha un énième grondement mécontent. Moi qui pensais que cette éboulement était constitué uniquement de légers gravats, ma déception fut grande, et mon désespoir s'accentuait. Je ne pouvais aller chercher un de mes camarades en laissant Aile de Nuit dépérir ici; elle pourrait étouffer, ou que sais-je encore? Non, je ne devais pas la laisser seule dans le noir, à perdre ses repères comme un chaton encore aveugle. Quelques bruits sourds m'indiquaient, à ce propos, que la guérisseuse remuait dans son infernale crevasse. Elle devais être paniquée. Je le savais car j'avais vécu un cas similaire étant apprenti, et j'étais honteux et pétrifié. Connaissant un peu Aile de Nuit, je savais qu'elle était très fière, et se sentir ainsi humiliée ne devait pas lui plaire, loin de là!

Comme si cela ne suffisait pas, le vent se levait sur les plateaux venteux, et des bourrasques venaient régulièrement me fouetter le museau. Des grognements, rageurs et stressés, sortaient quelquefois de ma gorge pour se faire emporter par la violente brise. Je peinais pour dégager les gros cailloux qui obstruaient à présent la future sortie d'Aile de Nuit. Le sang s'écoulait entre mes griffes et mes coussinets, mais je redoublais d'efforts pour la sortir de là, guidé par mon instinct de montagnard. Les rochers gisaient de parts et d'autres de moi, mais il en restait encore bien trop à mon goût, s'entassant en un monticule infini. Je m'arrêtai un instant pour reprendre mon souffle, épuisé. Je manquais d'énergie, même si la volonté était présente, je ne pourrais pas aller bien loin si j'étais exténué. Je m'assis donc un bref instant, réfléchissant à une manière moins difficile de la faire sortir de ce beau pétrin, dans lequel elle s'était fourrée toute seule. J'émis un soupir sonore qui se perdit dans le fracas des bourrasques, scrutant avec frustration le tas de caillasses qui me faisait face et semblait me narguer. Alors que je léchais mes coussinets endoloris, enlevant l'hémoglobine séchée, j'entendis une voix timide percer à travers la roche; celle d'Aile de Nuit:

"Euh, merci Étoile du Déluge... Dois-je faire ou ne pas faire quelque chose en particulier?"

"Tu me remercieras quand tu seras sortie de ce pétrin... Surtout, tu arrêtes de bouger, tu ne parles pas fort, et tu me dis lorsque tu verras un peu de lumière passer!" lui répondis-je avec autorité et sérieux.

Je ne rigolais pas, dans ces situations là, je savais qu'elles pouvaient enlever facilement la vie à un ou plusieurs félins. Alors il fallait que la guérisseuse mette sa fierté de côté et se laisse aider, m'aide pour la sortir de là.
Revenir en haut Aller en bas
Fonda' à ton service (ou pas)!
avatar

Messages : 234
Date d'inscription : 20/08/2014
Age : 18

Feuille de personnage
Relations:

Le Staff

   Dim 1 Nov - 15:31

"Tu me remercieras quand tu seras sortie de ce pétrin... Surtout, tu arrêtes de bouger, tu ne parles pas fort, et tu me dis lorsque tu verras un peu de lumière passer!"

Aile de Nuit avait les yeux ronds comme des billes sous le coup de la peur. Elle hocha la tête, ne réussissant pas à parler. C'est clair qu'il pourra voir à travers la roche ton hochement de tête ma petite. Elle soupira et secoua la tête avant de s'allonger pour ne plus bouger.

- D'accord...

Elle ferma les yeux. Penser à autre chose en attendant. Son esprit s'envola pour un voyage dans ses souvenirs.

- Alors, vous trois, vous ferez de merveilleux guerriers, vous verrez! Nous serons fiers de vous, votre père et moi! Vous deux, vous serez les plus beaux et vous pourrez même choisir votre compagne parmi toutes celles qui vous voudront pour compagnon. Quant à toi, Petite Nuit, je suis sûre que tu auras le meilleur guerrier du clan pour compagnon et que vos petits seront fantastiques!
- Mais je m'en fiche, moi, je ne veux pas de petits, je veux être guérisseuse, je ne pourrais pas avoir de compagnon!
- Ça suffit! Nous avons déjà un guérisseur, il n'y a pas de place pour toi dans cette voie!
- Mais..
-Tais-toi!

Petite Nuit partit en courant, les larmes aux yeux, jusque dans le repaire du guérisseur. Elle ne se rendait même pas compte de où elle était. Lorsque l'odeur des plantes lui vint à la truffe, elle s'arrêta, surprise. Elle était bien là. Je serais la meilleure guérisseuse de tous les temps! Elle se fichait bien de ce que pouvait dire sa mère. Elle voulait soigner les autres, pas leur infliger des blessures. Elle marcha jusque dans la réserve pour se cacher afin de pleurer en secret. Mais, Feuille de Menthe entra dans sa tanière à ce moment-là.

- Il y a quelqu'un? Je sens une odeur, ça ne sert à rien de se cacher.

Petite Nuit sursauta et tomba... dans le tas de bourrache. Elle tenta de s'en dépêtrer mais n'y arriva pas.

- Ici! Je suis coincée dans un tas de plantes...

Feuille de Menthe arriva et ronronna très fort en voyant la petite chatonne. Il la sortit de là et lui retira les feuilles une par une.

- J'espère que tu aimes l'odeur des plantes car tu vas la garder quelques jours...
- Oh oui, je veux devenir guérisseuse! C'est possible que je sois ton apprentie?
- Bien sûr! Je suis sûr que tu feras une apprentie merveilleuse.


Un rayon de lumière sortit Aile de Nuit de ses pensées. La nostalgie lui prenait encore un peu le cœur mais elle devait quitter ces pensées, elle n'avancerait pas ainsi. Oui, la meilleure guérisseuse.

- Je vois de la lumière!

Son petit cœur se mit à battre plus fort. Elle allait se sortir de là indemne! Elle devait beaucoup à Étoile du Déluge! Elle se promit qu'en sortant, elle le remercierait comme elle pouvait. S'il avait besoin de quoi que ce soit, elle pourrait l'aider. Du moins, essayer.
Revenir en haut Aller en bas


Contenu sponsorisé

   

Revenir en haut Aller en bas
 
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Cats Island :: RPG :: Clan de la Montagne :: Plateau Venteux-